Maladies nosocomiales : un champignon mortel à l'hôpital

On l'appelle "le champignon tueur", il se propage dans les hôpitaux du monde entier : Asie, États-Unis, Afrique, Europe.

Candida auris suscite une vive inquiétude dans le milieu hospitalier car il est non seulement dangereux, mais aussi et surtout ultrarésistant aux traitements.

 

 

On qualifie de nosocomiale une maladie contractée lors d'un séjour en milieu hospitalier (hôpital, clinique, ...).
En effet, de nombreux microbes, virus et champignons sont logiquement présents dans ces lieux dédiés aux soins médicaux, et il arrive que malgré les mesures d'hygiène et de prévention drastiques, un patient soit contaminé au sein de la structure hospitalière.

Un champignon du nom de Candida auris se propage ainsi depuis quelques années dans les hôpitaux du monde entier.

 

QUELLES SONT LES CARACTÉRISTIQUES DE CANDIDA AURIS ?

Il fait partie de la grande famille des champignons filamenteux, dont le connu est Candida albicans (qui provoque des infections intestinales).
Candida auris colonise essentiellement la peau et à partir de là, il a la capacité de s'infiltrer dans le sang et d'atteindre les organes internes.
On le retrouve aussi au niveau de la sphère uro-génitale et des voies respiratoires.

Il provoque des infections graves appelées candidémies, mais également des péricardites, des pneumopathies, des infections urinaires, ...

Il est particulièrement dangereux pour les personnes souffrant de diabète, d'insuffisance rénale, de cancer, d'une maladie sanguine, les personnes immunodéprimées, les malades ayant subi une greffe, les patients atteints par le VIH, ...
Les infections par Candida auris sont mortelles dans 30 à 60% des cas.

Sa dangerosité vient de sa haute résistance aux désinfectants, aux traitements antifongiques et antibiotiques.
De , il est parfois difficile à identifier par les méthodes standard des laboratoires.

 

COMMENT CANDIDA AURIS A-T-IL ÉTÉ DÉCOUVERT ? D'OÙ VIENT SON NOM ?

Candida auris a été découvert en 2009 au Japon ... dans l'oreille d'un patient. Et en latin, oreille se disait auris.
La même année, 15 patients sud-coréens sont à leur tour contaminés.

Depuis, de nombreux cas de contamination ont été rapportés partout dans le monde, et notamment en Europe.

Les analyses et études du génome de Candida auris laissent à penser que ce champignon serait apparu simultanément dans au moins 4 zones géographiques du globe avant de diffuser sur l'ensemble de la planète.

 

COMMENT CANDIDA AURIS SE PROPAGE-T-IL DANS LES HÔPITAUX ?

Candida auris arrive dans un hôpital grâce à son hôte, c'est-à-dire une personne porteuse (sans le savoir généralement) du champignon.

Des normes d'hygiène insuffisantes ou mal respectées exposent l'ensemble des patients de l'hôpital à une contamination, qui se fait généralement lors d'une incision, d'un acte chirurgical, de la pose d'un cathéter, ...

Tous les patients hospitalisés qui pourraient être en avec ce champignon ne sont pas en danger de mort, mais les fragiles sont particulèrement menacés.

Candida auris persiste ieurs semaines dans l'environnement hospitalier : sol, air, lits, matelas, pompes à perfusion, paillasses, chariots de soins, chaises, rebords de fenêtres, radiateurs, claviers, ...

 

QUELS SONT LES FACTEURS DE RISQUE ?

Des études ont montré que certaines conditions augmentent le risque d'être contaminé par Candida auris :

  • longue durée d'hospitalisation : les infections surviennent essentiellement après 9 jours d'hospitalisation
     
  • chirurgie récente
     
  • port d'un cathéter veineux central (ou de tout autre dispositif invasif)
     
  • traitement préalable par antibiotiques ou antifongiques

 

QUELLES MESURES DE PRÉVENTION PRENDRE CONTRE CANDIDA AURIS ?

  • Avant tout, le lavage soigneux et systématique des mains, non seulement du personnel de santé, mais aussi des patients
     
  • Intensifier les processus de désinfection du martériel médical
     
  • Limiter autant que possible la durée d'hospitalisation
     
  • Privilégier autant que possible les chambres individuelles
     
  • Installer des siphons antiprojections sur les lavabos et les douches des chambres afin d'éviter que des matières organiques contaminées ne "remontent" et "n'éclaboussent" les malades.
     

 

DIAGNOSTIC D'UNE INFECTION PAR CANDIDA AURIS

La recherche de colonisation par Candida auris se fait par prélèvements et analyse :

  • avec un écouvillon au niveau des aisselles et de l'aine
  • urines
  • crachats

 

QUEL EST LE TRAITEMENT D'UNE INFECTION PAR CANDIDA AURIS ?

La cause essentielle de la dangerosité de Candida auris est sa très forte résistance aux traitements tant antifongiques qu'antibiotiques.

L'infection sera généralement traitée par échinocandines, mais Candida auris peut rapidement développer une résistance à ces molécules.

Les patients infectés seront pris en charge en PCC (Précautions Complémentaires de Contact) : 

  • chambre individuelle
     
  • protection de la tenue
     
  • hygiène des mains renforcée
     
  • organisation spéciale des soins

aussi longtemps que nécessaire.

 

 

Sources :

 

Crédit photo : Pixabay

Suivant Tabagisme tertiaire : le poison imperceptible.

Articles qui pourraient vous interesser

Aucun commentaire pour "Maladies nosocomiales : un champignon mortel à l'hôpital"

Commentez l'article "Maladies nosocomiales : un champignon mortel à l'hôpital"